12

Pendant les vingt premières minutes de leur voyage de retour en direction du hangar, Yan ne fit aucune remarque sur Mara et sa façon de piloter. Elle fonçait à toute allure le long du boulevard bondé d’insectes, utilisant la Force pour zigzaguer et parfois même bondir au beau milieu du trafic comme si elle pilotait un Aile-X. Mais lorsque soudain, elle s’engagea dans une ruelle embouteillée et ralentit la cadence, Yan ne put s’empêcher de lui lancer une pique.

— Calme tes ardeurs, ma belle, dit-il en rentrant sa tête dans la cabine du pilote. Il faut retourner aux vaisseaux avant que Raynar réalise qu’on s’en est tiré !

— Il le sait déjà, fit Mara en maintenant la même vitesse.

— Grâce à l’esprit collectif, lui rappela Leia.

— Génial. (Yan sentit son estomac le barbouiller.) Ça veut donc dire qu’une brochette de cafards nous attend gentiment au hangar.

— Peut-être pas, fit Luke. Je n’arrive pas à croire qu’il ait changé de personnalité aussi rapidement. C’était l’un de nos élèves les plus sérieux à l’académie.

Yan et Leia se regardèrent, étonnés.

— Raynar Thul n’existe plus, ironisa Yan. Il est l’un d’entre eux, désormais. UnuThul. Un Affilié.

— Raynar n’a pas tout à fait disparu, dit Luke. Je sens sa présence.

— Ah ouais ? Moi, c’est l’autre gars qui m’inquiète, rétorqua Yan. Et si ces cafards nous cherchent encore des noises, je l’écrabouille.

— On te croit, mon chéri, dit Leia en lui tapotant le bras. Mais je ne pense pas que ce soit nécessaire. Raynar sait pertinemment que l’attaque n’aurait jamais fonctionné. Pas avec trois Maîtres Jedi à bord.

— Et un Chevalier Jedi très expérimenté, dit Saba en se tournant vers Leia. Saba penze qu’il s’agissait d’un simple avertissement, une façon de nous éloigner.

— Je déteste lâcher le morceau, dit Yan. Mais je ferai une exception. On peut utiliser la Force et l’ordinateur de Juun pour suivre la trace des jumeaux.

— Je crois qu’il est temps de partir. Nous avons trouvé ce pour quoi nous sommes venus, fit Leia en hochant la tête.

— Ah bon ? demanda Yan.

— La vison de Force, indiqua Luke. Qu’as-tu vu ?

— Simplement Jacen, répondit Leia. Il m’a donné le nom d’une planète et d’un système. Je ne les connais pas, mais peut-être que Juun…

— Jacen t’a donné le nom du système ? demanda Mara.

— Oui, fit Leia. Il m’a regardée droit dans les yeux et me l’a donné. Pourquoi cette question ?

— C’est une drôle de vizion, dit Saba.

— Plus une sorte d’envoi, admit Luke. Mais à travers le temps plutôt que l’espace.

Les trois Maîtres Jedi restèrent silencieux, laissant Yan et Leia se regarder avec perplexité.

— Je ne saisis pas. C’est quoi le problème ? finit par demander Yan.

— Je n’ai jamais entendu parler d’un Jedi usant de la Force de cette manière, dit Luke.

— Et alors, il est créatif, fit Yan. C’est mon gosse. Tu t’attendais à quoi ?

— Je crois comprendre, dit Leia, de plus en plus inquiète. Le futur est constamment en mouvement…

— Mais pas le tien, rectifia Saba. Lorsque Jacen z’est exprimé à travers le temps, tu étais deztinée à être ici.

— Il a fixé ton futur, poursuivit Luke.

— Eh bien, il faut croire que j’ai survécu. Et mon futur m’appartient toujours, finit par déclarer Leia.

— Je n’aime pas ça, fit Mara. Où exactement a-t-il dit qu’il allait ?

C’était une excellente question – l’une de celles que Yan n’avait jamais cessé de se poser depuis que Jacen était adolescent.

Mara dirigea le traîneau au cœur d’une avenue pleine à craquer de landspeeders vrombissants. L’artère serpentait au beau milieu de monticules magnifiquement décorés, avant de rejoindre le grand boulevard qui encerclait le complexe d’Unu et ses tours écarlates. Quelques minutes plus tard, le traîneau antigrav s’engouffrait dans la bouche béante conduisant au hangar principal.

Les insectes vaquaient à leurs occupations, renforçant la carlingue de vaisseaux micro-soudés, déchargeant de larges ballots remplis d’une sorte de résine à la forte odeur d’épices, enfonçant des clous sur la coque de navettes esquintées.

Ils atteignirent la baie où le Faucon et l'Ombre avaient été laissés et Mara immobilisa le traîneau d’un coup sec.

Trois navettes fusées avaient été collées contre les deux vaisseaux. Les équipes chargées de la maintenance étaient occupées à tirer de longs tuyaux de carburant à travers l’alcôve, contrecarrant tout espoir d’un départ rapide. Pis, Raynar se tenait au pied de la rampe d’embarquement du Faucon, entouré de plusieurs serviteurs et de quelques gigantesques soldats Unu.

— Tu parles d’un avertissement, fit Yan. J’en ai vraiment ma claque d’avoir tout le temps raison.

Meewalh et Cakhmaim, qui étaient restés derrière pour surveiller les vaisseaux et commencer les réparations sur les tourelles du Faucon, regardaient eux aussi au loin, du haut de la rampe. Ils n’avaient pas beaucoup avancé. Les canons blaster étaient toujours tournés vers la queue de l’appareil.

— On devrait envoyer les Noghri chercher Tarfang et Juun, fil Leia à voix basse. Vous pensez que je peux tenter une communication ?

— Il le faut bien, chuchota Yan. A moins que Jacen ne t’aie aussi filé les coordonnées.

— Il m’ajuste indiqué le nom, répondit Leia.

— Je suis persuadé que tout va bien se passer, dit Luke. Mais par précaution, Ben, tu…

— Reste près de Nanna… Je sais, rétorqua Ben. Je sais.

— Parfait, fit Luke en souriant. Nanna, amène Ben dans l’un des vaisseaux. Et le plus vite possible.

— Mais ne prends aucun risque, lui conseilla Yan. Tu pourrais te faire griller les circuits.

— Je ne suis pas programmée pour prendre des risques, Capitaine Solo, dit Nanna.

— Est-ce que tu vas sortir ce canon blaster de ton bras encore une fois ? demanda Ben, tout enthousiaste.

— Seulement si quelqu’un menace ta vie, répondit Nanna. Tu sais, Ben, je suis une droïd de défense.

Mara faufila le traîneau dans l’enchevêtrement de tuyaux mais dut stopper sa course à dix mètres de l'Ombre, bloquée par une navette fusée. Nanna saisit immédiatement le petit Ben par le bras et se dirigea vers la rampe d’embarquement. Tous les autres restèrent à bord du traîneau, veillant à bien dissimuler leurs mains pour mieux agripper leurs armes, tout en fixant Raynar et son escorte.

En observant Ben se diriger vers l’Ombre, Yan eut la désagréable impression de prendre un an de plus à chaque seconde. En comparaison, Luke et Mara semblaient étrangement calmes. Et pourquoi ne le seraient-ils pas ? Vu le nombre de fois où les enfants de Yan et de Leia avaient été kidnappés ou menacés alors qu’ils étaient censés être en sécurité, Luke et Mara avaient décidé que Ben serait toujours mieux protégé s’il restait constamment à leurs côtés. Quant au petit Ben, il était parfaitement et constamment entraîné à de telles situations.

Ne voyant pas Mara diriger le traîneau vers le Faucon, Raynar dressa sa tête dépourvue d’oreilles, puis s’avança dans leur direction.

— C’est mon signal, dit Mara. Je m’arrête ici.

Elle s’extirpa de la cabine du pilote et, d’un pas nonchalant, gravit la rampe de l’Ombre. Raynar la regarda faire et ne fit rien pour l’en empêcher. Ce qui évita à Yan de l’abattre d’un coup de blaster.

Yan prit la place de Mara dans la cabine et fronça les sourcils lorsqu’il tenta de se frayer un chemin jusqu’au Faucon. Il commençait à avoir les mains moites et espérait sincèrement ne pas avoir laissé de détonateurs thermiques à bord du vaisseau. Rien ne risquait de distraire un méchant et tout-puissant ennemi comme l’une de ces petites boules argentées.

— Il y a des blessés ? demanda Raynar en s’arrêtant près du traîneau.

— Non, répondit Yan. Désolé de te décevoir.

— Me décevoir ? (Raynar semblait perdu.) Lorsque vous avez laissé Yoggoy se faire écraser, nous avons cru que quelqu’un…

— Ouais, désolé pour la guide, mais c’est ce qui arrive quand on commence à faire s’écrouler des bâtiments sur les gens, dit Yan. Tu permets ? On a besoin de faire un brin de toilette.

Raynar baissa la tête et se tourna vers Luke et Saba, assis à l’autre bout du traîneau, et ses lèvres balafrées esquissèrent un sourire.

— J’aurais dû m’en douter. (Raynar ne donna aucun ordre précis, mais il ouvrit une brèche à travers la masse de soldats qui l’escortaient.) Vous croyez que l’effondrement de la tour constituait une attaque ?

— En tout cas, ça n’avait rien d’amical. (Tentant de camoufler son malaise, Yan dirigea le traîneau vers le Faucon.) Et puis, on a bien vu tes cafards tueurs.

— Mes cafards tueurs ? demanda Raynar.

— Ilz étaient bleus. Un bleu très sombre, fit Saba à l’arrière du traîneau. Ils ont fait zauté les murailles.

— Vous vous méprenez, dit Raynar. Si l’un de nos nids vous avait attaqués, nous l’aurions su. Personne n’a pris part à l’accident.

— Ce n’était pas un accident ! éructa Yan. Quelqu’un a essayé de nous tuer. Et je crois bien que c’est toi, mon gars.

— Si nous avions l’intention de vous tuer, nous n’aurions pas simulé un accident, fit Raynar. Nous l’aurions fait, un point c’est tout.

Ils atteignirent le Faucon. Yan arrêta le traîneau et se tourna vers Raynar.

— Rappelle-toi bien à qui tu causes, gamin, dit-il. Je suis Yan Solo. J’avais déjà mis le doigt dans l’œil de dictateurs à deux crédits comme toi avant même de briser le cœur de ta chère maman, alors montre-moi un minimum de respect. Et ne me mens pas. Je déteste ça.

Nullement intimidé, Raynar baissa juste les yeux en direction de Yan et respira de façon menaçante.

Luke se rapprocha de Leia et murmura :

— Yan est sorti avec la mère de Raynar ?

— Tu serais étonné de connaître le nombre de femmes avec lesquelles Yan est sorti. Moi, en tout cas, je le suis à chaque fois. Leia vint se mettre à côté de Raynar et dit : Vous devez admettre que l’effondrement peut paraître suspect. Si c’était un accident, comment est-ce que les Yoggoy ont-ils eu le temps d’évacuer la zone ? Et qu’en est-il des insectes bleus que nous avons vus et tués ?

— Seule la guide est morte, siffla Raynar.

— Les autrez ont dû emmener lez corpz, dit Saba.

— Vous faites erreur, coupa Raynar. La poussière était épaisse et les gravats ne cessaient de s’écrouler. Vous n’avez vu que des ombres.

— Tu essaies de convaincre qui, là ? demanda Yan.

Raynar se tourna une nouvelle fois vers Yan.

— Les yeux peuvent tromper, Capitaine Solo. Ce que vous insinuez est tout bonnement impossible.

— Et si ce n’était pas le nid qui nous avait attaqués ? demanda Luke.

— Les autres ne sont pas autorisés à errer seuls dans Yoggoy. Nous l’aurions su, fit Raynar.

— Et si vous ignoriez leur présence ? demanda Leia.

— En d’autres termes, personne ne croit à l’accident, ajouta Luke. Mais je suis sûr que Ray… UnuThul, lui, y croit.

— Je pense que nous sommes tous d’accord, dit-elle. Si la Colonie voulait vraiment nous tuer, elle n’aurait pas abandonné au bout d’un seul essai. L’attaque était censée ressembler à un accident. Ce qui veut dire que quelqu’un cherchait à le cacher à Unu.

— Nous sommes heureux que vous nous croyiez, Princesse. Mais aucune preuve ne nous permet d’accepter votre théorie.

— Comment peux-tu en être aussi sûr ? demanda Yan. L’attaque a eu lieu il y a moins d’une demi-heure !

— Les travailleurs Yoggoy ont déjà nettoyé la plupart des débris, répondit Raynar. Le seul corps que nous avons trouvé est celui de la guide. Et tout prouve que la tour s’est effondrée. Il est simplement déplorable que ce soit arrivé au moment où vous passiez en dessous.

— Cela arrive souvent ? demanda Leia. Qu’une tour s’effondre ?

— C’est arrivé une fois, à cause d’un tremblement de terre, dit Raynar. Et deux ou trois fois, à cause des orages…

— Ce n’était pas ma question, fit Leia, en sortant du traîneau. Laissez-moi vous montrer quelque chose.

Elle saisit la main charnue de Raynar et le conduisit à bord du Faucon. Yan les suivit, accompagné de Luke, de Saba et de deux domestiques insectes. Ils rejoignirent Raynar et Leia qui se tenaient devant une double-couchette, en train de contempler la peinture accrochée au mur.

— C’est Le Crépuscule des Killik, lui dit-elle. Ça vous dit quelque chose ?

— Bien sûr, répondit Raynar. Lizil était très excité au sujet de cette peinture.

Raynar se rapprocha de la double-couchette – les Solo l’avaient installée lorsqu’ils avaient réalisé que le Faucon allait devenir le principal lieu d’habitation – puis il observa la toile de plus près.

— Merci infiniment de nous, l’avoir montrée, dit-il. Nous voulions vous le demander, mais notre rencontre avait si mal commencé que jamais nous n’aurions supposé une telle chose possible.

Yan haussa les sourcils. Il y avait peut-être moins de Raynar dans ce corps carbonisé qu’il ne le pensait. Le Raynar Thul de ses souvenirs avait toujours été un garçon bien élevé, mais jamais sa riche famille ne lui avait appris à s’exprimer avec autant de préciosité.

— Parfois, l’art nous aide à mieux nous connaître. Savez-vous ce que cette peinture représente ? demanda Leia.

— Cela représente l’un des bras du Nid Perdu.

— Le Nid Perdu ? demanda Luke.

— Tu t’en souviens ? s’écria Yan. Mais ça date de l’Antiquité !

Raynar finit par ôter ses yeux de la toile et fixa Leia.

— Nous nous souvenons du nid. Lorsque les humains sont arrivés sur Alderaan, ils l’ont appelé les Terres du Château. Mais nous connaissons le nid sous le nom de Oroboro. Notre Terre.

— Donc, les Killik ne se sont pas éteints, comme tout le monde semble le croire. Ils ont juste quitté Alderaan il y a des milliers d’années de cela. Si je comprends bien, Votre Espèce descend des Killik.

— Vous semblez moins surprise par cette hypothèse que Lizil lorsqu’il a vu la peinture, dit Raynar.

— J’avais des doutes, répondit calmement Leia. Elle se tourna de nouveau vers la toile. Les archéologues ont daté les plus anciennes des tours représentées. Elles auraient vingt-cinq mille ans.

— C’est exact, fit Raynar. Les Célestes ont vidé Oroboro il y a dix mille générations. Cela correspond à vos vingt-cinq mille ans.

— Et pourtant, seules trois tours se sont écroulées avant qu’Alderaan ne soit détruite, fit remarquer Leia. Aucun entretien, ni aucune réparation pendant tout ce temps, et seulement trois tours qui s’effondrent ! Mais aujourd’hui, une seule tour a failli nous écraser. Vous voyez où je veux en venir ?

— La gravité est plus importante ici que sur Alderaan, rétorqua Raynar. Et le sol n’est pas aussi résistant.

— C’est quand même la première tour à s’être effondrée sans raison apparente, observa Luke.

— Il y a toujours une première fois, Maître Skywalker. Nous ne pouvons expliquer ce qui s’est passé. Veuillez accepter nos excuses.

— Saba ne veut paz de voz excusez, jeune Thul, intervint Saba.

Raynar tourna la tête si rapidement que Yan eut presque peur qu’il étripe la Barabel en plein milieu de la couchette.

— Reste tranquille, gamin. Tu te rappelles comment sont les Barabels. (Yan prit Raynar par le bras et sortit.) Pardon pour ce malentendu, mais nous devons toujours nous en aller. Pourquoi tu ne nous en dis pas un peu plus sur ces soi-disant Célestes ?

— Si vous le souhaitez. (Raynar se laissa guider hors du couloir.) Ce fut après que nous avons bâti Qolaraloq – vous autres l’appelez la Station Centerpoint. Les Célestes furent très en colère…

— Vous voulez dire que la Station Centerpoint a été construite par les Killik demanda Leia, apparemment sous le choc.

En guise de réponse, Raynar s’arrêta net.

— Nous devons jeter un œil à l’arrière de l’appareil. Vos Noghri y séquestrent Juun et son second.

— Qu’est-ce qui te fait dire ça ? demanda Yan, inquiet.

Le gémissement étouffé d’un Sullustéen très en colère se fit entendre au bout du couloir d’accès.

— … refuse de me calmer ! Laissez-moi parler au Capitaine… !

Yan se tourna vers Leia.

— Séquestrent ?

— J’ai ordonné à Cakhmaim d’amener Juun et Tarfang à bord du Faucon. Je suppose qu’ils ne se sont pas laissé faire, lui répondit Leia.

— C’est un fâcheux malentendu, dit Luke.

Il s’engagea dans le couloir d’accès et ils rejoignirent Raynar et ses deux acolytes à l’arrière de l’appareil. Raynar activa la poignée tactile. Mais voyant que la trappe refusait de s’ouvrir, il tendit sa paume.

— Une minute, mon gars ! (Yan bondit jusqu’à la planche de contrôle et tapota le code d’annulation.) Sois un peu patient.

La porte s’ouvrit, révélant Meewalh et Cakhmaim en train d’agripper violemment les deux membres d’équipage du XR-808g. Avec l’un des bras de Meewalh collé contre la gorge et l’autre qui lui couvrait la bouche, Juun était toujours conscient. Le cas de Tarfang était une tout autre affaire. Toujours amoché et couvert de pansements depuis sa bagarre avec le guide Yoggoy, l’Ewok était étendu, inconscient, sur les genoux de Cakhmaim, avec un nouvel œil au beurre noir et deux touffes de poils arrachées.

— Ce n’est pas ce que tu crois, fit Yan. Je peux tout expliquer.

— Cela ne sera pas nécessaire, Capitaine Solo. (Raynar émit un puissant grognement, puis se tourna et fixa Yan droit dans les yeux.) Dites-moi juste pourquoi vous êtes si pressés de nous quitter.

— Qu’est-ce qui te fait croire un truc pareil ? demanda Yan.

Les traits de Raynar s’assombrirent et Yan commença à sentir un poids obscur lui compresser la poitrine.

Ce fut Leia, comme d’habitude, qui vint à son secours.

— Loin de nous l’idée d’insulter la Colonie, dit-elle. Mais nous ne nous y sentons pas en sécurité.

Raynar se tourna vers elle, et le poids disparut.

— Nous vous jurons que vous êtes en sécurité.

— Et nous, on ne te croit pas, rétorqua Yan. Sois tu nous mens. Sois tu es complètement largué. Quoi qu’il en soit, nous, on se tire d’ici.

Les yeux de Raynar devinrent soudain si doux qu’ils rappelèrent à Yan le malheureux gosse sans cesse moqué par les autres élèves Jedi.

— Très bien. Vous avez toujours été libres d’aller et venir à votre guise. (Il se tourna vers les Noghri, qui tenaient toujours Juun et Tarfang prisonniers.) C’est également valable pour le Capitaine Juun et son copilote. Désirez-vous partir avec le Capitaine Solo ?

Meewalh regarda furtivement Leia. Lorsque celle-ci hocha la tête, la Noghri libéra Juun.

— Il faut que j’y réfléchisse, dit-il en fixant Yan.

Ce dernier sentit son estomac se geler. Sans Juun et son ordinateur portable, leurs chances de retrouver Jacen et les autres étaient quasiment nulles. La seule alternative qui leur restait consistait à atteindre la frontière Chiss et aller de système en système.

— On n’essayait pas de te kidnapper, fit Luke en se dirigeant vers Juun. Nous voulions juste…

L’un des Killik présents s’avança pour lui bloquer le passage.

— Il serait préférable que le Capitaine Juun puisse choisir par lui-même, Maître Skywalker, dit Raynar.

— Ecoute, on s’inquiétait pour lui, fit Yan à Raynar, tout en fixant Juun du coin de l’œil. On pensait que tu essayais de nous tuer, et comme lui et Tarfang nous avaient aidés à trouver le nid…

— Ne lui dites rien ! s’écria Juun, totalement paniqué.

— Je m’excuse… Sincèrement, dit Yan, un peu coupable. On se faisait vraiment du souci pour toi. Mais si tu veux vraiment rester ici…

— Je ne pars pas sans le XR, répondit Juun. Et vous allez devoir me prêter un copilote en attendant que Tarfang soit remis sur pied.

— Tu n’en demandes pas un petit peu trop, mon gars ? rétorqua Yan.

— Vous me devez bien ça, répondit Juun. Article vingt-deux du Code des Contrebandiers.

Yan soupira, puis se tourna vers Raynar.

— Dans ce cas, marché conclu, dit-il. Je crois bien qu’il va falloir se les coltiner.

Le Roi des Affiliés
titlepage.xhtml
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_000.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_001.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_002.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_003.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_004.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_005.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_006.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_007.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_008.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_009.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_010.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_011.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_012.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_013.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_014.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_015.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_016.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_017.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_018.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_019.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_020.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_021.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_022.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_023.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_024.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_025.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_026.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_027.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_028.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_029.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_030.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_031.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_032.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_033.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_034.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_035.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_036.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_037.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_038.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_039.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_040.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_041.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_042.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_043.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_044.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_045.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_046.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_047.htm
Nid Obscur [1] - Troy Denning - Le Roi des Affilies_split_048.htm